Version du 08/12/2004 (écrite avec OpenOffice ! ).
Ce texte fournit des arguments pour l'utilisation des logiciels libres dans l'Education Nationale, par exemple :
OpenOffice comme traitement de texte/tableur/présentation/dessin (en remplacement de Word, Excel et Powerpoint),
Gimp pour la retouche et le traitement d'images (en remplacement de Photoshop) ou encore XnView,
Mozilla pour la navigation internet et la messagerie (en remplacement d 'Internet Explorer, Outlook).
Garenne pour les notes,
...Et beaucoup d'autres.
Pourquoi utiliser les logiciels libres ?
Engagé personnellement dans le mouvement du logiciel libre, je suis souvent confronté à cette question quand je discute avec des collègues.
Voici quelques éléments de réponse.
Les logiciels commerciaux sont chers, et comme les éditeurs s'arrangent pour que, d'une version à l'autre, les fichiers soient incompatibles avec la version précédente (!), il faut racheter régulièrement la mise à jour.
Il s'agit avant tout d'un combat contre une forme de pensée unique. Nombreux sont les utilisateurs de PC qui pensent que leur machine est indissociable du système d'exploitation Windoze ! Cela est faux, mais micro$oft n'a pas intérêt,en toute logique, à le dire.
En tant qu'enseignant dans l'Education Nationale, nous sommes attachés à la notion de laïcité et de neutralité. L'utilisation massive (et même presque unique des logiciels Micro$oft) va parfaitement à l'encontre de ces principes.
Pourquoi payer des logiciels alors que des logiciels équivalant existent désormais ? Le coût des logiciels est prohibitif au niveau d'un établissement scolaire.
La solution fréquemment
utilisée pour obtenir un logiciel, en raison du coût,
est le piratage. Il faut bien être conscient que ce geste à
plusieurs conséquences :
C'est une sorte de caution à
l'acte de vol : on s'approprie quelque chose qui ne nous appartient
pas. C'est comme si l'on vole une voiture à chaque fois que
l'on doit faire un déplacement ! De ce point de vue, il est
nécessaire de se
montrer exemplaire vis à vis des élèves.
Cela
conforte également les grands éditeurs de logiciels
dans leur situation de monopole, car même si l'on n'a pas payé
un logiciel, on n'en reste pas moins utilisateur et on
augmentera notre dépendance à ces logiciels en raison
du format des fichiers et des habitudes.
Beaucoup d'enseignants pensent que
les logiciels des grands éditeurs (Micro$oft principalement)
sont les meilleurs.
La réalité est tout autre : il
est difficile de changer ses habitudes, et quand on essaie un
nouveau logiciel une seule fois, il est évident qu'on ne peut
le trouver ergonomique et performant. En fait, c'est notre
performance qui est mauvaise dans ce cas.
Mais il ne faut pas en
conclure qu'il est difficile de changer de logiciel. Par exemple
j'ai successivement utilisé pour mes cours Micro$oft
Publisher, puis Works, puis Word, puis Staroffice et enfin
OpenOffice. On retrouve dans tout ces logiciels les mêmes
méthodes de mise en forme du texte, et pour cause, une grande
partie de ces méthodes proviennent de l'époque de la
machine à écrire !
OpenOffice est très proche d'aspect et d'utilisation de Word, en dehors du placement de certaines commandes. Par exemple, dans OpenOffice, on accède au sous-menu « mise en page » depuis le menu « Format », tandis que dans Word, il se trouve dans le menu « Fichier » (cherchez le plus logique des deux !)
Revenons plus précisément
à OpenOffice. Nombreux se demandent si ce logiciel ne risque
pas à terme de devenir payant. Il est vrai que cela s'est
produit avec Staroffice, dont la version 5.2 était gratuite
(et encore la licence n'était pas très claire) et less
versions suivantes désormais payantes.
OpenOffice
est distribué sous licence GNU/GPL (GPL = General
Public licence) de la FSF (Free Software Foundation). Il s'agit de
la licence du système d'exploitation Linux. Cette
licence garantit à l'utilisateur la libre utilisation du
logiciel, la
possibilité d'obtenir les sources des programmes pour
modification, et l'interdiction de vendre le logiciel
(Consulter www.fsf.org pour de
plus amples renseignements). Le but poursuivi par la FSF et sa
licence est unique : la promotion d'une informatique libre et
accessible au plus grand nombre.
En essayant de promouvoir les
logiciels libres, je me heurte souvent à la remarque suivante
: « les fichiers Word sont quasiment standards. Ils sont
indispensables pour échanger des documents avec d'autres
collègues ».
Tout d'abord, remarquons que Word
version 95 ne parvient pas à lire des fichiers Word 2000,
etc... Les problèmes de compatibilité existent avant
tout entre les différentes versions des logiciels Micro$oft.
Ensuite, il faut noter qu' OpenOffice récupère très
bien les documents faits sous Word, même les versions les plus
récentes. Les choses se compliquent il est vrai dans le cas
de documents complexes, mais l'enseignant qui ne produit que des
textes avec une ou deux images dedans ne rencontrera aucun
problème.
Il s'agit de toute façon d'un faux
problème : la vrai solution est de se mettre à
utiliser massivement OpenOffice ! On peut très bien échanger
des fichiers avec des collègues en leur fournissant sur le CD
comportant les données le nécessaire pour installer
OpenOffice ! Et on a le droit de le faire !
A titre
d'exemple, j'ai déjà fourni 2 sujets d'examen au
Rectorat au format Staroffice/OpenOffice et cela n'a posé
aucun problème. La notice du Rectorat ordonnait pourtant
d'utiliser le format Word97 (ce qui, au passage, est illégal).
Les logiciels comportent tous des erreurs (bugs). La différence entre un logiciel libre et un logiciel commercial est importante du point de vue de la correction de ces bugs : dans le cas du logiciel commercial, il faut attendre que l'éditeur produise une nouvelle version. Dans le cas des logiciels libres, comme ils sont développés dynamiquement par de nombreuses personnes grâce à internet, les bugs sont corrigés très rapidement après leur découverte (certains logiciels libres sont mis à jour toutes les semaines.
Enfin (merci d'avoir lu jusqu'ici !), on me dit souvent pour clore la discution : « J'utiliserai OpenOffice quand les autres s'y seront mis et que ce sera devenu le format d'échange privilégié entre collègues ». Avec de tels principes,... il n'y a aucune chance que cela arrive un jour !
Vincent Verdon
www.pianos.com.fr/vincent.verdon
Quelques liens intéressants sur ce sujet :
le site de la Free Software Foundation http://www.fsf.org
Un site sur les logiciels libres pour l'éducation http://www.framasoft.net
Un site sur les logiciels libres pour l'éducation http://www.education.free.fr
Ma liste sur les logiciels libres (pas à jour !) http://www.pianos.com.fr/vincent.verdon/logiciels-libres/logiciels_non_payants.html